Lever le lièvre sans se faire attraper

À Pfaffenhoffen,
les rôles sont
inversés et le
chasseur devient
chassé.
© Photo R.A.N.
À Pfaffenhoffen, les rôles sont inversés et le chasseur devient chassé. © Photo R.A.N.
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La vie reprend de plus belle avec le retour du printemps et, pour ne pas se tromper de saison, on le fait savoir partout en Alsace avec les représentations les plus variées et les plus loufoques du léporidé turbopropulsé.

La culture populaire en a fait un vaste sujet de prédilection. Entre toiles classiques et bande dessinée, c’est un large spectre où l’on se permet toutes les formes de liberté et d’innovation. Au Musée de l’image populaire de Pfaffenhoffen, une exposition temporaire met de temps à autre à l’honneur le coureur agile à qui l’on doit les fameux œufs de Pâques qu’il vient, c’est bien connu, déposer lui-même dans le nid prévu à cet effet par les enfants.

© Photo R.A.N.

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En 2014, c’est André Pierre Schmitt qui dévoila, dans l’espace des expositions temporaires, un « triquètre » ou figure à trois angles représentant trois lièvres dans un interminable mouvement circulaire. Un thème à la fois conventionnel et indémodable car symbole universel.
En effet, les trois coureurs reliés par leurs oreilles confondues peuvent symboliser la Trinité chrétienne ou encore la spirale céleste.

Dans un numéro précédent de notre magazine, nous avions déjà évoqué les trois lièvres de l’église paroissiale d’Ingwiller et de l’abbatiale de Wissembourg.

 

Le chasseur chassé

André Pierre Schmitt, connu pour ses peintures sous verre, a été lauréat du Bretzel d’Or qui distingue les artistes œuvrant pour la promotion et le rayonnement culturel de l’Alsace.

© Photo R.A.N.

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Hors les murs du musée, c’est un autre spectacle qui attend le visiteur, sur les murs cette fois des immeubles bordant la rue du Docteur Schweitzer. Décorant les façades du N° 7 et du N° 9 en particulier, on reconnaît la patte d’Edgar Mahler, la référence régionale en matière de peinture en trompe l’œil. Ce dernier bâtiment, daté 1775-1982, est absolument remarquable par son damier de représentations naïves d’une sorte de chasse au lièvre… inversée. En effet, est bien pris qui croyait prendre !
Défiant toutes les règles de la logique et du bon sens, on voit les coureurs à longues oreilles armés et bottés, portant fusil et sonnant le cor, talonner le chasseur. Qui finira, la mine déconfite, dans la sacoche du lièvre. Un ravissant renversement de situation au pays de l’image populaire et des grands enfants.