Délices de poissons à Ebersmunster

Le restaurant Aux Deux Clefs, gardien d’une vieille tradition culinaire. © Photos R.A.N.
Le restaurant Aux Deux Clefs, gardien d’une vieille tradition culinaire. © Photos R.A.N.
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Alexandre Baur, 5e génération de chefs alsaciens, perpétue dans son Auberge des Deux Clefs une tradition culinaire 100 % terroir, la matelote.

Et à côté coule une rivière… L’Ill, qui jadis ramifiait ses bras sur une partie de la plaine d’Alsace, déversait généreusement son trop-plein sur cette giboyeuse réserve naturelle qu’est le Ried. Ici se reproduisaient librement des populations aquatiques d’eau douce à la fécondité phénoménale. Réminiscence de ces temps anciens toujours placés sous le signe de l’abondance, une vingtaine de restaurants, entre Drusenheim au nord et Illhaeusem au sud, proposent ce plat original et délicieux qu’est la matelote.

© Photos R.A.N.

Des anguilles toutes fraîches
sorties de leur bassin. © Photos R.A.N.

Notre coup de cœur, le restaurant Aux Deux Clefs, installé à Ebersmunster, a été bâti face à un somptueux édifice baroque, l’abbaye Saint-Maurice qui fera très certainement l’objet d’un article à part dans notre magazine. Mais revenons à nos poissons.
C’est ici que prit naissance une petite légende familiale avec comme figure de proue Madeleine Baur (« Lenel » pour les intimes) qui, vers 1880, tenait l’Auberge des Deux Clefs à Ebersmunster.
C’est sa fille Marie qui, avec les anguilles, brochets et tanches pêchés dans la rivière, créa la toute première matelote de la famille Baur. Depuis, la maison est réputée pour cette recette savoureuse à base de poissons de rivière cuisinés au vin blanc et servis avec des nouilles.

Aujourd’hui, ce sont Alexandre Baur et son épouse Linda qui portent le flambeau avec des spécialités devenues de grands classiques comme la Matelote du Ried aux 4 poissons ou la Friture d’anguilles et de poissons. Arrosés comme il se doit d’un riesling du terroir.

Informations

Tél : 03 88 85 71 55

Focus

Saviez-vous que ?

Le pêcheur du Ried confiait la vente du poisson qu’il rapportait à la maison à sa chère et tendre que l’on surnommait tout naturellement la… « Matelote ». Les invendus, des restes tout à fait honorables et goûteux, finissaient ensuite dans la marmite où elle les faisait bouillir. C’est ainsi que la matelote devint une sorte de cousine d’eau douce de la méditerranéenne bouillabaisse, cuisinée avec des poissons du large invendus sur le marché.