Faire château à Saverne

Dans la Grand'Rue, la Maison Katz, un bijou d’architecture à colombages.
© Photos R.A.N.
Dans la Grand'Rue, la Maison Katz, un bijou d’architecture à colombages. © Photos R.A.N.
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Entre plaine d’Alsace et plateau lorrain, la cité de Saverne, posée sur les berges de la Zorn, invite dès le retour des beaux jours à une inoubliable échappée urbaine.

Ce qui séduit en premier, c’est la façade interminable du Château des Rohan, barrière de grès rose se prolongeant sur 140 mètres face au bassin du canal. Majestueuse vitrine néoclassique qui valut à ce tour de force architectural le surnom de « Versailles alsacien ». Ancienne résidence épiscopale, elle héberge les musées d’archéologie, d’art et d’histoire, ainsi que les collections de Louise Weiss, journaliste, écrivaine et femme politique d’origine alsacienne.

A deux pas du château, le centre-ville égrène, de part et d’autre de l’axe de la Grand’Rue, des édifices remarquables.

  • La Maison Katz (17e s.) demeure sans conteste la plus charmante maison à colombages de la ville. On admire les détails de style maniériste germanique de la façade avant de découvrir, dans la salle, le plafond en bois du 16e siècle et la décoration festive de cette winstub typiquement alsacienne.
  • La tour romane de l’église Notre-Dame, au solide clocher de grès, abrite les œuvres de grands artistes tels que Nicolas de Haguenau (sculpture de la Vierge à l’Enfant) et Hans Hammer (chaire à prêche), qui fut l’architecte de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg.
  • Le cloître du couvent des Récollets, de facture gothique, constitue avec les arcades de ses quatre galeries (14e et 17e s.) l’un des plus beaux ensembles architecturaux de la région. Les fresques murales représentant des scènes religieuses ou bibliques sont de toute beauté.
  • On s’engagera enfin dans une promenade le long des berges de la Zorn, après une petite halte devant la sculpture de Claude Metzmeyer représentant une licorne perchée sur une fontaine. La créature légendaire, emblème de la cité, est réputée puissante, pure et libre comme le furent les indomptables Savernois tout au long de leur histoire.
© Photos R.A.N.

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Informations

Off. de Tourisme de Saverne et sa Région
Tél : 03 88 91 80 47

 

De canal en jardin

© OT Saverne

© OT Saverne

Face au château, le port de plaisance, à seulement 5 minutes du centre-ville, accueille vedettes et embarcations naviguant sur le canal de la Marne au Rhin. Saverne, berceau du tourisme fluvial, était fort apprécié en son temps par le poète Gœthe qui admirait son canal et ses jardins.
Au cœur de la ville, le Jardin public interreligieux propose un chemin de découverte à travers la symbolique des plantes et des éléments. Au cloître des Récollets, c’est un jardin monastique qui révèle les plantes médicinales, aromatiques, potagères ou ornementales qu’utilisèrent les moines résidant au couvent.


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Focus

Gros coup de collier

Le plus énorme scandale privé ayant jamais éclaté au plus haut niveau de la France monarchique prit racine à Saverne avec la conjonction d’ahurissantes escroqueries. A cette époque, la comtesse de la Motte, maîtresse du cardinal de Rohan, pousse ce dernier à offrir à la reine Marie-Antoinette un collier de 800 diamants afin de s’attirer les bonnes grâces de la souveraine. C’était en 1785. La perfide comtesse finira par s’emparer au passage du fabuleux bijou tandis que le cardinal sombrait dans un cruel discrédit auprès de la cour, que se déchaînait la presse du pays et que le nom de Marie-Antoinette se trouvait entaché par une intrigue qui la dépassait totalement. Ce fut la fameuse affaire du « collier de la reine ».
Impliqué dans cette sombre affaire, celui qu’on surnommait « Le Mage » en la personne de Joseph Balsamo, faux noble s’étant attribué le titre de comte de Cagliostro. A la fois « coach » et gourou du cardinal, de mèche avec la comtesse, il prit une part active dans l’escroquerie ayant entraîné la chute du cardinal.
Aujourd’hui, dans le centre-ville, on voit s’élever, accolée à la chapelle Saint-Michel, une tour de l’ancienne enceinte baptisée Tour de Cagliostro. C’est ici que le faux savant, auteur de prétendus miracles, s’adonnait à des tours de passe-passe alchimiques qu’il faisait payer au prix fort par la noblesse corrompue de l’époque, rongée par la cupidité et l’obsession du pouvoir. On ne s’ennuie jamais à parcourir les archives historiques de la ville des roses (épines comprises).