Deux Pâques pour le prix d’une

© Richard Clark
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L’autre grand moment festif du calendrier alsacien, c’est le temps de Pâques. L’occasion de redécouvrir une somme de traditions qui mobilisent les habitants de la région, toutes générations confondues, pour fêter le retour du printemps.
© R.A.N Un objet rituel de la Pâque juive exposé au musée de Marmoutier.

© R.A.N
Un objet rituel
de la Pâque juive exposé
au musée de Marmoutier.

A ne pas perdre de vue dans son agenda, la « Semaine Sainte », celle qui marque le passage à la « nouvelle vie » et qui constitue le cœur des rituels. Avec la date clé du dimanche de Pâques, fixée cette année au 5 avril. Ce jour faste entre tous, le plus important du calendrier chrétien, se situe le dimanche qui suit la première pleine lune se produisant après l’équinoxe de printemps.
Si vous rechignez à surveiller le ciel avec votre télescope pour traquer ce moment, il vous suffit de vous reporter au calendrier de votre banque ou de la Poste.

Il convient également de faire la distinction entre les calendriers juif et chrétien. Les chrétiens célèbrent à Pâques la mort et la résurrection de Jésus. L’événement est situé autour de l’année 30 (de l’ère chrétienne, forcément !). Jérusalem attirait alors la foule des pèlerins, juifs surtout, qui s’y rendaient pour célébrer leur « Pâque » à eux. Précision lexicale : dans la tradition juive, Pâque s’écrit au singulier tandis que les Pâques chrétiennes s’accordent au pluriel. Les deux événements se fêtent au printemps mais pas le même jour. On considère cependant que la Pâque juive (Pessah) a considérablement influencé la célébration chrétienne.

 

Ponce n’est pas si tendre

© Istock

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Dans le calendrier juif qui est lunaire (et non lunatique comme le lièvre), le jour de Pâques en Alsace est celui de la pleine lune. Et cette année, les juifs célébreront Pâques le vendredi 3 avril… au soir. Leur fête de Pâque à eux dure 7 ou 8 jours après cette date.

Pour revenir au calendrier chrétien, le pèlerinage du Christ à Jérusalem rencontre un accueil triomphal plutôt mal vu par le clergé officiel. Jésus est alors jugé par un tribunal et condamné à être livré aux Romains. On connaît la suite. Ponce Pilate, le gouverneur romain, s’en lave les mains et le fait crucifier, se rangeant au verdict populaire. Aujourd’hui, la mort de Jésus est célébrée le Vendredi Saint (Karfridi), jour de la grande veillée pascale. Il ressuscite le troisième jour, c’est-à-dire le dimanche de Pâques (Oschtersonndi).

Vous pouvez à présent ranger vos bouliers et vos calculettes pour vous précipiter chez votre boulanger avant que les délicieux Lammele ne soient épuisés.